jeudi 22 janvier 2015

Mur d'expression: Charlier-hebdo

Suite aux attentats de Charlie Hebdo, nous vous avons laissé libres de vous exprimer sur notre "Mur d'Expression". Voilà ce que vous nous avez laissé :


*anonymes, veuillez vous identifier ! Merci :)
Catégorie citations:

"L'humour est un langage que j'ai toujours aimé. 
Notre ressort est de dénoncer la bêtise en faisant rire." -Cabu.

"Charlie-Hebdo n'est pas mort et ne mourra pas:
Il reste le flambeau de notre République et de la Liberté" -Charlotte M.

"J'étais avec un héros que j'admirais"
-Jeanette Bougrab, compagne de Charb.

"Parce qu'ils ont voulu bâillonner la France, des millions 
de Charlie ont fait surface." -Anonyme.

"Je n'ai pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre" -Charb

"Ils ont voulu nous mettre à genoux, ils nous ont mis debout"
-Ludovic M.

"L'humoriste est rarement un salaud. C'est un homme sans illusions."
-Wolinsky.

"Il y en a qui déciment. Il y en a qui dessinent."
-Baptiste. H.

"On est pas des porteurs de messages. On est simplement des clowns,
des saltimbanques." -Cabu.

"Je préfère mourir debout que vivre à genoux." -Charb

"Un peuple qui ne défend pas ses libertés et ses droits 
est mûr pour l'esclavage."
-Jérémy E.

"Il est mort "debout" on l'as exécuter pour un dessin."
-Jeanette Bougrab, compagne de Charb.

"La plume n'est pas une arme!" -Anonyme.

"En france, la liberté d'expression n'est pas assez utilisée par 
ceux qui ont les moyens de s'en servir." -Charb.

"Faut pas laisser le rire s'éteindre." -Ludovic.M

"J'aimerais savoir ce qui ce passe en France." 
-Jeanette bougrab, compagne de Charb.

"La guerre civile est a nos portes, réagissons, montrons à ces fous que les
valeurs de notre France régneront malgré tout. 
=> LIBERTE D'EXPRESSION!" -Anonyme.

"Ces journalistes sont morts parce qu'ils étaient 
des soldats de la liberté." -Badinter.

"Il ne nous reste plus qu'à perpétuer l'héritage de ces "soldats de la liberté".
Levez vous, écrivez, Dessinez, Chantez; de quelque manière que ce soit, exprimez-vous.
Nous n'avons pas à nous taire, mais à crier de toutes nos forces.
NOUS SOMMES TOUS CHARLIE!" -Charlotte M.

"C'est très difficile de jongler avec le second degré,
dans un monde où tout est pris au premier." -Charb.

"la caricature est un témoin de la DEMOCRATIE."
-Tignous.

Catégorie dessin:
 Sarah k. 

 Jeremy E.

Julia M.


 Alice Schubnel 

 Anonyme

Anonyme 

 Amélie L.

 Martin L.



jeudi 8 janvier 2015

Mercredi noir-hommage à Charlie Hebdo

On pardonnera aujourd’hui mon incapacité à dresser des portraits hilarants de personnalités déjantées ou à souhaiter à chacun d’entre vous, pour ce premier article de l’année 2015, des vœux à tours de bras. Pas de méditation sur le rire cette semaine ; plutôt une sur nos valeurs et le sens de certains actes-les nôtres y compris.

  Il y a des jours, des jours comme ce mercredi 7 janvier 2015, où les évènements vous prennent au dépourvu, vous prennent à la gorge ; c’est une véritable gifle. Des jours où être Français devient tout à coup une réalité douloureusement présente ; peut être parce que la France se lamente et saigne en chacun d’entre nous. Il aura suffit de rentrer chez soi, aux alentours de midi, en sifflotant peut être encore le refrain égrillard d’une chanson dérisoire, et puis quoi ? Allumer la télévision, simple geste aussi automatique que quotidien, en attendant que l’eau boue dans la cuisine. Et puis s’effondrer. Tout à coup, sans crier gare, l’on ne peut plus que fixer cet écran noir et sinistre avec le sentiment que tout se déchaîne autour de vous. Une bataille. Un carnage, là, au plus profond de vous-même. On ne ressort jamais indemne d’une bataille.
 
Charlie Hebdo, le symbole même de la liberté d’expression, du rire démocratique, de l’information provocatrice. Le symbole d’une République, de la République française. Ils sont douze en tout-un policier y compris-à être tombés  sous les balles de ceux qui s’étaient déclarés leurs ennemis. A quoi bon relater la scène qui tourne en boucle sur nos écrans depuis une journée ? Il n’y a rien de plus glaçant que l’attitude sereine de ces assassins cagoulés qui ressortent en trombe du local décimé de Charlie Hebdo, prenant encore le temps d’achever sur le trottoir un policier en agonie, et de ramasser une pauvre basket sur le bord de la chaussée. Rien de plus glaçant que ces mots, hostiles et abjects, qui fusent en l’air, traversent la rue, avec des intonations de victoire : « On a vengé le prophète Mahomet ! On a tué Charlie Hebdo ! »
Tué Charlie Hebdo… Tous ces noms, ces hommes qui allongeaient les rangs des plus grands caricaturistes, résonnent encore et encore, comme dans un besoin perpétuel de les rappeler-peur de les oublier ou peur de ne pas admettre la réalité ?-et qui fusent à chaque fois sur nous comme une myriade de coups de poignards. Cabu. Walinsky. Charb. Tignous. Elsa. Michel. Franck. Ahmed. Honoré. Bernard. Frédéric.  Descendus, abattus dans leurs propres bureaux, mais debout, comme ils l’avaient toujours souhaité. Abattus par des porteurs d’une religion qui prône l’amour tout en fabriquant de la haine.
 
Depuis quelques heures-il semblerait que ce soit des jours entiers-la France s’est repliée dans un deuil profond et semble coupée de tout évènement extérieur. L’on entend parfois de vagues informations qui nous échappent… SNCF… Croissance… Chômage… Sont-ils devenus inconnus, ces mots ? Comment pourrait-on trouver encore la force d’évoquer l’économie en une heure pareille ? Et à tous les coins de l’hexagone, ce ne sont que lamentations et crises d’effroi, discours républicains de politiciens qui appellent à l’unité, rassemblements au cœur de chaque ville. Tous se rassemblent pour former de véritables foules de masse, ressentant soudain en eux le devoir transcendant d’être Français et, dans ce moment impossible, l’on ne peut s’empêcher de trembler devant tous ces hommes, devant toutes ces femmes, qui oublient tout de leurs préjugés pour simplement crier d’une même voix : Je suis Charlie. Nous sommes  Charlie. Aujourd’hui, il n’y a plus de simples individus « français », il y a la France. Et la France pleure.

« Je n'ai pas peur des représailles. Je n'ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. Ça fait sûrement un peu pompeux, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux. »

Charb, le 19 septembre 2012 dans "Le Monde" 

Car, si les meurtriers croient n’avoir tué que Charlie Hebdo, ils omettent que c’est toute la France qui se retrouve meurtrie en son sein, touchée en plein cœur, encore abasourdie et flageolante sous le coup qui lui a été porté. Ces hommes, morts pour leurs valeurs, n’étaient pas de simples brosseurs de préjugés grotesques, ainsi que leurs assassins tendent à les qualifier. Ils représentent à eux seuls toutes les valeurs de la République et de la démocratie de la nation, la liberté d’opinion la liberté de la presse. Ils vivaient pour défendre leurs opinions, pour oser rire et faire rire même derrière la menace, pour faire entendre la voix de leur pays, et surtout, surtout montrer qu’ils étaient Libres. D’éternels enfants qui n’avaient à la bouche que les mots de « rire,  de « tendresse »  de « vérité  ». Ils étaient, et c’est aujourd’hui que nous en mesurons toute l’ampleur, des héros. En leur retirant la vie, c’est une partie de chaque Français qui s’est éteinte ce mercredi là ; c’est le territoire tout entier qui sent se resserrer autour de lui l’ombre menaçante d’une muselière. Mais la France ne se taira pas. Elle ne se taira pas parce qu’elle doit honorer jusqu’au bout la mémoire de ces hommes, flambeaux toujours vivants et immortels de notre liberté de penser, parce que se taire serait souiller leur nom et celui du pays. Parce que, devant ce 11 septembre français, se rabaisser serait inconcevable, parce que cet attentat, cette catastrophe, ne doit pas nous pousser à reculer, mais à se redresser, tous, d’un même mouvement, pour aller de l’avant et montrer quelles valeurs sont les nôtres. Aujourd’hui, la France doit fermer les yeux devant nos différences pour que tous osent enfin se prendre par la main et faire vivre le pays. Notre pays.

  En tant que journaliste jeune et au nom de tous les membres du journal l’Apprenti, je rends hommage à ces caricaturistes de renom qui sont tombés dans des conditions tellement abominables. Non, ces hommes ne sont pas morts : en les assassinant, leurs meurtriers n’ont fait que faire retentir la règle qui dictait leur pensée et que, en disparaissant, ils ont bien voulu nous transmettre : écrivez, dessinez, chantez, jouez, de quelque manière que ce soit, exprimez-vous. Soyez libres, fiers, convaincus de ce que vous êtes et de ce que vous pensez. Charlie Hebdo ne disparaîtra pas, et ne doit pas disparaître. Il nous faut à présent mettre en œuvre les valeurs que ces génies de la presse nous ont léguées. En 2015, au 21ème siècle, il n’est plus temps de faire demi-tour et de se censurer, de se murer dans un silence étouffant. Il est temps de crier, de s’époumoner. Nos valeurs ont été bafouées, mais elles restent les nôtres, et elles le seront toujours, quoi qu’il advienne. Aujourd’hui, la main sur le cœur et le poing levé, j’ose crier : Je suis Charlie. Nous sommes tous Charlie.

« L'humour est un langage que j'ai toujours aimé. Notre ressort est de dénoncer la bêtise en faisant rire. » Cabu






vendredi 19 décembre 2014

Un conte de Noël



Et oui, encore une fois je me creuse la tête pour vous trouver un article sur Noël (l’année dernière, vous avez eu droit à la liste des cadeaux les plus pourris à offrir qui, j’espère, vous ont bien servis pour vous débarrasser de votre grand oncle André !) Enfin, c’est bientôt les vacances, et je suis trop fatiguée pour vous élaborer un article époustouflant sur les origines et les conséquences sociales de Noël. Du coup, je viens vous faire l’apologie du Père Noël, qui est en grande difficulté cette année…

  Pourtant, sa carrière avait plutôt bien commencé ! Bon, avouons qu’elle est basée sur quelques légendes assez superficielles, mais qui le mettent en valeur. Non, désolée, le père Noël n’est pas né au Pôle Nord, auquel cas il n’aurait eu aucun intérêt de quitter son igloo pour atterrir dans notre incroyable société industrielle. En vérité, le père Noël est issu d’une famille assez aisée d’Amérique du Nord (à l’époque, les Californiens n’étaient pas aussi bronzés qu’aujourd’hui…) Fils d’un PDG d’une immense production de pétrole, il avait déjà bonne réputation tout au long de sa scolarité qu’il a exercé brillamment (il a passé l’équivalent d’un bac ES spé maths qui lui sert aujourd’hui à gérer tous les bénéfices de sa production !) D’ailleurs, il serait certainement devenu un grand économiste dont les principes seraient en vigueur dans le monde entier aujourd’hui, si une dispute assez virulente avec son père ne l’avait contraint à aller s’exiler au Pôle Nord. Nous ignorons totalement les motifs de cette dispute que le Père Noël tient à garder secrète (mais les nouveaux moyens d’investigation de Closer pourraient bientôt nous mettre sur la voie !) Cependant, en véritable combattant, le père Noël qui portait encore en lui le rêve américain, décida de créer sa propre société. Il réfléchit des jours et des nuits entières avant de trouver l’idée miraculeuse : Rendre les enfants heureux ! (et son compte en banque également, si possible). Emballé par ce choix ambitieux, il a tout de suite mis toutes les chances de son côté, en commençant par contacter des sociétés capables de lui venir en aide financièrement (rappelons que son ex était alors la directrice de la société Coca-Cola). De nombreux individus du monde entier et de tous les âges ont répondu à son appel et, au bout de quelques années seulement, son entreprise était déjà une Grande Entreprise de plus de 300 salariés, au point qu’elle a du récemment étendre des filiales à Taïwan. Vous connaissez la suite : aidé par un envol de la publicité, son essor a été immédiat, autant dans le cœur des enfants que dans ceux des adultes, et même des grands industriels qui, grâce à lui, peuvent vendre par milliers musiques et œuvres cinématographiques à son effigie (mais il en reverse les bénéfices à la Croix Rouge car son emploi du temps ne lui laisse pas l’occasion d’offrir des cadeaux aux Africains). De plus, le père Noël est adulé par tous les partis politiques : Chez les socialistes, il incarne les valeurs du partage et de la solidarité qui leur sont chers ; les Verts apprécient son traîneau tiré par des rennes qui développe un moyen de locomotion très écologique, tandis que la droite reconnaît en lui le courage de travailler même les jours fériés et bien au-delà de l’âge de la retraite (Macron partage d’ailleurs cet avis).
  Mais voilà, cette année, le conte de fée du Père Noël commence à battre de l’aile. Pour commencer, le changement climatique de ces derniers temps a beaucoup influé dans sa région du Pôle Nord, et il sera certainement bientôt contraint de délocaliser. (Il a commencé à négocier avec l’Algérie qui, paraît-il, lui offre une place assez intéressante). Cette année, il a également perdu de nombreux salariés, tous enchantés par la ruée vers le gaz de schiste, apparemment plus avantageux que la production de tablettes numériques et de poupées parlantes. Evidemment, cela a provoqué une baisse de sa production, et donc de ses bénéfices. Il n’est même pas sûr de pouvoir subvenir à tous les rêves de ses principaux territoires de ventes. J’ai entendu dire qu’il avait d’ores et déjà rayé la Russie de sa liste. « De toute manière, aurait-il déclaré aux syndicats de son entreprise, elle demande chaque année la même chose : plus de force diplomatique, et la possession de l’Ukraine. Sans rire, ils y croient encore ceux là ! » Son travail commence vraiment à le démoraliser. Essayez de le comprendre ! Avant, les enfants demandaient des choses tout à fait raisonnables : des oranges, des chevaux en bois, la paix dans le monde… Voilà maintenant qu’il lui faut investir dans une multitude de projets numériques qui, en plus de lui monter à la tête, lui sont bien plus onéreux qu’auparavant. Et je ne vous parle pas des lettres des enseignants qui lui demandent plus de reconnaissance du travail accompli et une nouvelle montée des salaires. Enfin, il a fini par couper entièrement les ponts avec le Medef (« Franchement ! s’est-il plaint à son conseiller en communication, si Valls aime tant que ça les entreprises, il n’a qu’à les aider lui ! »)
Dernièrement, le Père Noël s’est inscrit à Pôle emploi, où il attend avec espoir que lui soit libérée une place de roi mage (mais vu la polémique actuelle sur les crèches, cette tâche s’avère plutôt compliquée…)

  Tiens… Vous connaissez la sonnerie de Blaise Pascal qui vous somme d’aller en cours ? Quelques mots encore : ayez pitié de ce pauvre vieux Papa Noël qui vous a tellement gâté auparavant. Soyez gentil avec lui : cette année, ne lui en demandez pas trop, et au lieu de mettre sous le sapin une assiette de gâteaux très mauvais pour sa prostate, glissez lui un chèque quelconque…  Sur ce, joyeux Noël !

 

 

mardi 2 décembre 2014

Etre drôle



      Il y a quelques jours, j’avais la farouche ambition de vous parler de Rémi Fraisse. Et pas n’importe comment : je dois avoir plus d’une vingtaine de coupures de journaux rien que sur cette affaire, spécialement pour cet article ! Seulement voilà, il y a deux jours, mon rédac’ en chef est venu me voir avec un air désolé et m’a fait le coup du « Tu sais… Faudrait que tu fasses des articles un peu plus drôles sur le blog… Moins politiques aussi… Enfin moins sérieux quoi ! »
Bref, je suis censée être drôle. Là c’est le moment où je lève les yeux sur les sujets d’actualité, et tout ce que je vois c’est « Ebola », « Jouyet-Fillon », « remise en route du Japon »… Et si on s’arrêtait là ? Ce qui est sûr, c’est que si je veux être drôle et éviter la politique, ce n’est pas dans l’actualité que je vais devoir piocher ! Alors expliquez-moi de quoi je vais bien devoir parler hein ? C’est vrai, je n’ai même pas l’habitude d’écrire des articles hilarants ! Et puis comment est-ce que vous voulez être drôle quand même les clowns deviennent la plus grande menace de la France ? (Sauf que je ne vais pas vous parler de clowns méchants maintenant, puisqu’il est déjà prévu qu’on vous en fasse le récit dans le prochain journal papier).
Du coup, j’ai essayé de me renseigner un peu autour de moi. La fameuse question qui tue : Comment être drôle ? Mon petit frère m’a regardé avec un air innocent et m’a répondu « pour être drôle, je crois qu’il faut avoir ma tête. » Bref. De l’autre côté mes amies se sont lancées dans un discours philo-pathétique du style « Alors faut être naturel, ouais ouais, et puis ne pas se mettre de limites, enfin ne pas se prendre la tête quoi, t’vois ? Bref, just be you, quoi !
 » Je vois oui.
Mais ma réponse préférée, ça a été celle de Laurent Gilles  dans : Mauvaises Nouvelles :

-T’es pas drôle aujourd’hui.
-Tu sais, on peut pas être drôle tous les jours.
-Ah bon… Et pourquoi ?
-J’sais pas.
-On a qu’à jouer à être drôle.
-ça va pas être facile.
-Il suffit de pas être triste.
-Toi, t’es vraiment drôle.

Jouer à être drôle… Est-ce que ce ne serait pas le jeu de nous tous, finalement ? Est ce que ça veut encore dire quelque chose, aujourd’hui, être drôle ? Est-ce que vous trouvez vraiment amusant la blague machiste que votre copain vient de vous balancer ? Aujourd’hui, on rit, c’est vrai. Partout. Pour n’importe quoi. Pas vraiment parce que c’est drôle, mais parce que, au final, c’est tout ce qui nous permet de croire qu’on est vraiment heureux et qu’on accepte ce monde dans lequel on vit. Au 21ème siècle, être drôle, c’est savoir  vanner. Et vanner, c’est pointer du doigt un défaut, une aberration chez quelqu’un d’autre et tourner ça en ridicule. La dérision, en quelque sorte. Etre assez observateur et attentif pour remarquer le détail qui tue, rebondir dessus et lancer sa vanne. Enfin, tout un art quoi…
  On m’a dit aussi qu’il fallait être heureux pour être vraiment drôle. Je ne suis pas vraiment d’accord. Pour moi, ce serait plutôt l’inverse : être drôle pour être heureux. Ou au moins pour essayer de l’être. Vous savez, se donner cette impression à soi-même que l’on est parfaitement heureux rien qu’en amusant la galerie, ressentir cette impression d’être adulé, fort, invincible, parce que vous parvenez à faire sourire toute une salle. J’admire beaucoup les gens qui sont drôles (en convenant qu’ils sont réellement drôles et qu’ils ne se limitent pas à des blagues carambars, évidemment). Pas ceux qui vous fatiguent à force de rire à leurs propres blagues tout au long de la journée, mais plutôt ceux qui en font une bataille. Celle d’être heureux et de rendre les autres heureux. Regardez Charlie Chaplin. Je vous ferai grâce de toute sa biographie ; le fait qu’il n’était pas l’homme le plus heureux du monde ne nous est plus inconnu. Et pourtant, ça ne l’a pas empêché de faire rire aux éclats toute une génération, et de nous amuser encore aujourd’hui. Pour la simple raison qu’arrêter de rire, et de faire rire, ce serait replonger dans la réalité ; celle où les manifestants se font tuer par les gendarmes, où la courbe du chômage et de la croissance ne cessent de plonger, et où même les smileys sur votre téléphone ont un sourire recourbé. Parfois, je me demande à quoi pensent ces gens quand ils font rire les autres. Est-ce qu’ils ne sont pas soulagés ?  Soulagés de voir que les gens peuvent encore rire, alors qu’on nous assène partout que la France est de plus en plus triste ? C’est bien pour cette raison qu’on nous passe en boucle des émissions censées nous ramener à la joie de vire. Imaginez cet entretien avec Ruquier :

-Allô Laurent ? C’est Cath’ ! Tu sais pas quoi j’ai une idée de dingue !
- Si c’est encore un débat littéraire crevant à 23h t’oublie…
-Naaaan mais t’as pas compris ? On va faire rire les gens ! Chopes nous 2 ou 3 humoristes amateurs et les gens redeviendront heureux !

(On appellerait ça : dialogue entre Ruquier et Barma sur la façon d’être heureux. Interdit à la vente)
Ce qui fait que, aujourd’hui, on rit en regardant les délires de Kev Adams, ou les émissions de télé-réalité sans intérêt (Oooo regarde c’est trop drôle, elle a glissé en sortant de la douche parce qu’elle a vu que son ex la trompait avec sa meilleure amie sauf qu’il peut pas la tromper puisqu’ils sont plus ensemble à à mourir de rire !)

Enfin bref, il est midi passé, et j’ai faim. Trop pour essayer d’être drôle. Mais vous savez, être drôle c’est excellent pour la santé. Il paraît que ça rallonge la durée de vie. Que ça vous fait les habdos aussi. Ou, tout simplement, que ça vous permet d’être heureux.


NB : Je rappelle à mon cher rédac en chef que la médiocrité de cet article est entièrement de sa faute… et qu’il a malencontreusement oublié de me limiter au niveau des caractères ;) 


mardi 18 novembre 2014

Tafta, mais qu’est ce que c’est ?



Oh non, revoilà l’autre avec ses articles politiques et soporifiques ! Trop tard les amis, vous êtes sur ce blog et vous êtes maintenant obligés de lire cet article jusqu’au bout (ben oui, on vous avait pas prévenu que c’était dur, la vie, à Blaise Pascal ?)

 La plupart des lecteurs sont certainement en train de se demander ce que signifie cet étrange « TAFTA », sauf les plus malins d’entre vous qui auront sûrement devinés qu’un nom aussi barbare ne pouvait désigner qu’un pacte relatif à la mondialisation. Si vous aviez été plus attentifs aux vaines tentatives de votre professeur d’histoire essayant désespérément de vous sensibiliser à ce sujet, peut être ne seriez vous pas en ce moment même à essayer de déchiffrer ce sigle. Mais heureusement pour vous, le relai à votre professeur préféré se fait maintenant, en direct du petit local perdu dans un couloir du Blaise.
Tafta, c’est ce nouveau traité transatlantique qui se déroule depuis 2013 entre l’Europe et les Etats-Unis… dans l’opacité la plus complète. Cet accord concernerait autant de domaines possibles, de l’accès aux médicaments à la sécurité alimentaire en passant par le règlement de différents privés et publics. L’on pourrait se demander ce que vient faire tout à coup un tel accord alors que l’ACTA avait été rejeté en 2012. Cette incohérence expliquerait en partie son manque de transparence. Mais à ce niveau là, peut être certains sont-ils encore perdus et ne comprennent toujours pas où je veux en venir ? Non mais c’est vrai, la mondialisation c’est cool : grâce à elle vous êtes tous en train de pianoter sur vos téléphones high-tech pour lesquels se sont presque tués les japonais. La mondialisation, c’est bien. Surtout pour Nokia.

… ou pas. Pensez un peu que les Etats-Unis ont développés des normes tout à fait contraires à celles de l’Europe. De ce fait, les négociateurs pourraient profiter de TAFTA pour tenter, encore une fois, d’imposer autant de mesures répressives au nom de la protection des intérêts de l’industrie que des mesures attaquant nos libertés sur Internet. Des exemples ? Reprenons en partie ceux que j’ai cités plus haut, à savoir, pour commencer l’accès aux médicaments. Avec TAFTA, les services d’urgence pourraient être privatisés, et les CPAM (les Caisses Primaires d’Assurance Maladie) attaquées en justice par les Assurances privées pour « concurrence déloyale ». La sécurité alimentaire ? Au risque d’être caricaturale mais peut être marquante, je vous citerai, à tout hasard, « OGM », « Hormones », « Additifs toxiques », « Poulet à la javel ». Enfin, pour vous citer un dernier exemple, ce projet pourrait limiter le pouvoir des États à réglementer les services publics tels que : services à la personne, transports routiers, jusqu’à réduire les principes d’accès universel et large à ces besoins essentiels. C’est l’ouverture de la voie aux gaz de schiste et une hausse des émissions de gaz à effet de serre ; l’instauration de tribunaux privés dans les conflits entre États et multinationales ; la remise en cause du caractère privé des données personnelles sur le net et les réseaux sociaux notamment, données qui ne seront donc plus privées et que les multinationales pourront se revendre.
En réalité, ce simple « accord commercial » aurait en fait de graves répercussions sur notre vie quotidienne. Préparé dans la plus stricte opacité, sans aucun contrôle démocratique, elle ne ferait ressortir gagnantes que les multinationales. Alors, on s’y intéresse, au cours d’histoire ?  



mardi 4 novembre 2014

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Hervé Gourdel, une menace pour la France ?



Il y a quelques semaines, nous avons organisé une minute de silence en hommage à Hervé Gourdel, l’otage français assassiné en Algérie. Nous avons été assez frappés de constater que la plupart d’entre vous n’avait même pas entendu parler de cette nouvelle affaire…

   « Je suis né à Nice en 1959 et j'ai très tôt découvert la montagne dans le Mercantour avec mon père et parcouru mes premiers sommets... » Voilà comment se présente Hervé Gourdel, guide de haute montagne française, sur son blog internet, lequel est encore intact. Il était également réputé pour sa passion de photographe. Ses multiples photographies de montagne sont d’ailleurs toujours accessibles sur ce blog* laissé comme tel. Il avait, entre autre, créé l’Escapade, le Bureau des guides du Mercantour situé à Saint-Martin-Vésubie, en 1987.

  Tout change pour lui le 22 septembre 2014. Hervé Gourdel était alors parti en virée en Algérie, armé seulement de son appareil photo, dans l’unique but d’immortaliser les paysages du massif du Djurdjura. C’est à ce même endroit que lui et cinq autres randonneurs sont enlevés par les fameux «Jund al-Khalifa » (« Soldats du califat en Algérie ») .Alors que lui est séquestré, les cinq autres otages sont finalement libérés au motif qu’ils sont musulmans. Ses bourreaux menacent alors de l’assassiner dans les prochaines 24 heure si la France ne cesse pas immédiatement l’opération dite « Chammal » contre l’Etat islamique. Les recherches de l'armée algérienne ne donnent rien, ni pour retrouver Hervé Gourdel, ni pour retrouver ses ravisseurs.
Malheureusement, la France refuse l’ultimatum. Le 24 septembre 2014, les djihadistes de Jund al-Khalifa annoncent que l'otage a été décapité en diffusant son exécution dans une vidéo intitulée « Message de sang pour le gouvernement français ».

C’est donc un grand choc qui s’abat soudainement sur la France. Ses anciens voisins évitent les journalistes, ou se contentent de leur répondre avec une expression glacée. Dans le pays, on parle de « Guerre totale » et de « profonde injustice », des minutes de silence sont organisées à chaque coin de l’hexagone ; il semblerait que le deuil se soit emparé de la France. Le gouvernement, quant à lui, persiste à dire que le crime « ne restera pas impuni », et que « la France ne cèdera jamais ».
Dans cette période où les assassinats des dijhadistes affluent sans cesse, on pourrait avoir peine à les croire. En effet, il est déjà le sixième Français séquestré puis assassiné par des djihadistes après Michel Germaneau, Denis Allex, Philippe Verdon, Ghislaine Dupont et Claude Verlon. De plus, depuis 2011, les mouvements dijhadistes du type des Jund al-Khalifa ou EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant) démontrent une progression fulgurante (603 attaques sont recensées en 2012 après le retrait des troupes américaines).

Le meurtre d’Hervé Gourdel restera-t-il un énième crime impuni qui s’enlisera sur une page oubliée de notre histoire ? Il reste encore à trouver comment le considérer : Hervé Gourdel est mort, et cela parce qu’il était Français. Ces nouvelles gouttes de sang versées ne sont-elles pas l’incarnation d’une nouvelle menace pour la France ?  




 
* http://www.hervegourdel.com/