jeudi 19 novembre 2015

Imagine 2.0

C’est le deuil national
Je ne parle pas seulement des attentats,
Mais aussi des autres tragédies du monde
Imaginez qu’il n’y ait aucunes religions,
C’est facile vous savez.
Imaginez qu’il n’existe pas de frontières
Aucunes raisons pour tuer ou blesser
Je sais bien que c’est difficile
Imaginez aucune faim, aucune avidité
Une fraternité humaine
Vous pouvez avoir peur
Vous pouvez avoir de la peine
Mais je vous en prie, ne pardonnez pas ces actes
Imaginez cela
Imaginez juste aucun paradis
Aucun enfer
Rien au-dessus de nous,
Rien en-dessous de nous
Juste un ciel que l’on peut partager
Juste une Terre que l’on partagera et préservera ensemble
Tu peux dire que je suis un rêveur
Mais je ne suis pas le seul
J’espère qu’un jour tu nous suivras
Tu rejoindras notre terreur qui sera bientôt dissoute
Et que le monde vivra uni
Expliquez aux plus jeunes qu’il est important
De se souvenir et d’en parler
Imaginez qu’il n’y ait pas d’angoisse animée
Ne soyez pas salis, vous musulmans
Soyez fiers de ne pas être influencés par ces médisants
Nous avons fait ce que nous avons pu
Mais nous pouvons peut-être faire plus
Les « Utopistes debout ! »
Diront certains
Et ô, je vous en prie,
Imaginez la tolérance qui règne en force.


Voici, maintenant un extrait d’un film que beaucoup d’entre nous apprécient et il fait partie de mes favoris. Je partage avec vous cet instant :
« Je pense que le moment est venu de vous dire ce que j’ai appris
Et d’en tirer une conclusion, non ?
Eh bien ma conclusion est que la haine est une saloperie.
La vie est trop courte pour passer son temps à avoir la haine.
Ça n’en vaut pas la peine.
Nous ne sommes pas ennemis, mais amis
Nous ne devons pas être ennemis
Même la passion nous déchire
Elle ne doit pas briser l’affection qui nous lie
Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu’on les touchera
Elles résonneront au contact de ce qui a de meilleur en nous. ».

American History X, Tony Kaye.

MERCURE Charlène

lundi 16 novembre 2015

Tragédie capitale



Cette fois ci, pas de caricature, pas de journal, pas d’humour.
Après cette nuit terrible de Vendredi 13, nous pouvons tous parlez de malheur. Nous pouvons tous parler de « jour maudit ».
En effet cette nuit là à Paris, la soif du mal a encore frappée. Cette fois-ci, aucune « provocation » de la part de quiconque,  mais juste l’envie de faire souffrir le peuple français, le monde, l’humanité.

C’est dans la nuit du 13 au 14 Novembre 2015 que l’enfer commence. Des attaques quasi simultanées se sont produites dans la région parisienne. On compte aujourd’hui 129 tués, ainsi que 350 blessés, dont 90 grièvement.
Cette série d’attaques commence aux alentours de 21h20 avec 3 explosions aux alentours du Stade de France, sur lequel se déroulait le match amical France-Allemagne, auquel assistait le Président de la République. Au même moment, des fusillades éclatent aux abords d’un restaurant du Xème arrondissement, puis 5 personnes sont abattues dans la rue de la Fontaine-au-Roi dans XIème arrondissement. On compte encore 18 morts rue de Charonne ainsi qu’un autre décès sur le Boulevard Voltaire. Ce sont plusieurs tireurs, munis d’armes automatiques qui ouvrent le feu à bord d’une voiture. Ils se seraient ensuite dirigés en direction du Bataclan pour procéder à leur ultime massacre avec une prise d’otage conséquente, et plus de 80 morts, qui tous étaient venus ce soir là dans le  seul but d’assister à un concert de métal, sans penser y trouver la mort.
Pour toute la France, c’est un choc énorme. Chaque français connecté sur les réseaux sociaux ce soir là reçoit l’actualité. Certains commencent par penser que c’est un canular, mais les publications se multiplient et les partages s’enchaînent. Des victimes des attentats, qui demandent de l’aide. Des témoignages et de l’incompréhension. Certains essaient malgré la distance d’apporter leur soutien aux personnes retenues en otages, mais malgré tout, leur attente reste longue et insupportable. Cette nuit là, la France s’arrête. Tous et toutes, postés face à leur téléphones, ordinateurs, télévisions, radios ; en voiture, au restaurant où chez eux. La France se tait, et attend le dénouement de cette nuit effroyable.

Samedi matin, le premier réflexe est de s’informer. Même les plus jeunes, choqués par les évènements récents, allument leur télévision dans l’attente de réponse.  Le bilan tombe, et il est fatal, implacable effroyable et au-delà de toutes les craintes.
Sur les réseaux sociaux, les proches des victimes appellent à l’aide, dans l’espoir d’entendre de bonnes nouvelles, qui ne sont toutefois pas toujours celles espérées. Une mère déclare : « Je voulais juste lui offrir des places pour le concert, je lui ai offert la mort ».  D’autres : « On finit 2015 comme on l’a commencé. » Très vite des actions de soutiens aux familles des victimes, aux victimes et aux français se mettent en place. Chaque pays affiche les couleurs de la France sur leur monument. Quand la ville des lumières s’éteint, le reste du monde s’illumine pour elle. Les allemands sortent dans les rues et crient « Nous sommes avec  la France ». Sur Facebook une vague de « PRAY FOR PARIS » déferle, et les photos de profil et de couverture brandissent les couleurs du pays, à travers les divergences d’opinions concernant cette nuit meurtrière.
La France, une nouvelle fois soudée comme il se devrait face au malheur qui la touche, une fois encore.
Le dimanche 14 Novembre, une minute de silence en hommages à toutes les victimes, ainsi que plusieurs évènements comme « la journée en noir » prévue lundi pour les volontaires en signe de deuil.
 Encore une fois ils pensaient nous mettre à genoux, mais c’est une armée qu’ils ont mis debout.
Juliette Mallet

lundi 9 novembre 2015

HOMMAGE AUX ANCIENS



Cet article est dédié à nos anciens journalistes… Qu’ils reposent en pet… P-E-T

Dans notre chaleureux, lol, local, jaune, beaucoup de souvenirs nous liant aux anciens journalistes terminal de l’Apprenti nous entourent. Que se soit des dessins, des trous, des phrases cultes ou autres, leurs souvenirs nous hantent. Mais ne vous méprenez pas, je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils nous manquent cruellement…. Je ne dirai pas que j’ai un souvenir bien particulier lié à chacun d’entre eux.
Je n’irai pas jusqu’à dire que lorsque je regarde le tableau, je me souviens de Jérôme et Martin, et le jour où ils l’ont fait tomber sur ma tête, non, loin de là….  Je ne dirai pas non plus que lorsque je regarde la grande table du fond je revois Sarah, installée dans son coin et jouant à la DS…. Non pas du tout… Je ne dirai pas non plus que quand je regarde la chaise près du mur, je me souviens de Thomas, jouant, lui, avec ses multiples bagues, aussi grosses les unes que les autres.  Quand je regarde notre « table » de  « réunion », je ne revois pas du tout Charlotte, ses fiches en main et Lydie, ses cahiers posés devant elle, toutes deux révisant à chaque instant en prévision du BAC. Et lorsque je suis assise derrière l’ordinateur, occupée à écrire cet hommage, je ne repense pas du tout à Jérémy, Arnaud et Ludovic, regardant toutes sortes de vidéos ou d’images aussi étranges les unes que les autres. Et quand mon regard se porte à nouveau sur le tableau, je ne me remémore pas du tout, les nombreux dessins qui y ont déjà figuré par le passer…. Non, non, rien de tout ça.

Non, quand je rentre dans cette salle chaque matin, je me souviens de chaque instant que j’ai pu partager avec eux, que ce soit des moments de rire, de stress, de doutes ou encore de coup de gueule. Je me souviens de chaque désaccord qu’il y a pu avoir, de chaque blague qui a résonné dans cette pièce, je me souviens de chaque repas, peu importe l’heure qu’il soit, que nous avons partagé. Je me rappelle des Interviews, des bananes, du chocolat et de la chantilly. Je me souviens des poulets du jeudi midi, des poubelles qui se remplissaient à longueur de journée. Je me rappelle de chaque rivalité, chaque détail qui les caractérisaient.
Je me souviens de chacun d’entre eux, comme si ils étaient toujours là, traînant des pieds dans notre local, de 8h à 18h, qu’il fasse beau ou non, que l’ambiance soit au rendez-vous ou non.
Je me souviens de leur accueil parmi eux, de ce qu’ils m’ont appris, et des valeurs qu’ils m'ont inculqué au saint de l’esprit de l’Apprenti, et c’est pour ça qu’aujourd’hui, toute la nouvelle équipe et moi-même leur disons MERCI ! Merci d’être à l’origine de ce qu’est le journal aujourd’hui, et merci pour vos erreurs, oui parce qu’il y en a eu, de nous permettre à nous, jeunes rédacteurs de l'Apprenti, de le faire évoluer encore et encore.

Juliette Mallet

mardi 30 juin 2015

Dernière lettre aux lycéens

« Partir, c’est mourir un peu, C’est mourir à ce qu’on aime : On laisse un peu de soi-même. En toute heure et dans tout lieu. » (Edmond Haraucourt)
Je signe là mon dernier article dans l’Apprenti. Il clôt mes trois années au lycée, mes trois années à valser entre le local du journal et les salles de cours, les révisions pour le bac et les maquettes à boucler à temps. Des moments pas toujours aussi sereins qu’on pourrait le croire. On m’a dit parfois que je faisais trop « bouger les lignes ». On m’a reproché mon premier pamphlet J’accuse-version 2.0 (n 39), mon hommage à Charlie Hebdo, mes emportements face à toute défaite politique et sociétale ; des écrits apparemment trop subjectifs, et peut-être même une plume trop virulente. On m’a traité d’influençable. Si je profite de cette dernière page, c’est pour me permettre, une dernière fois, de scandaliser les esprits les plus fragiles (tranquillisez-vous, il y a fort à penser que vous serez en tout repos l’an prochain !)
  Etre journaliste jeune. Pour vous, pour tous ceux que j’ai pu fréquenter ces dernières années, ces trois mots semblaient dérisoires. Qu’est-ce qu’ils font, ces journalistes jeunes ? Ils sont dans un local, une pièce minuscule au fond du couloir. Il paraît qu’ils écrivent. Et qu’est ce qu’ils écrivent ? Franchement, est-ce que ça vaut la peine de le savoir ? Etre journaliste jeune, ce n’est pas se réunir quelques fois par an  et poser nonchalamment ses articles sur la table sans aller plus loin. Ce n’est pas, comme on nous l’a si souvent reproché, chercher coûte que coûte à se faire remarquer sans raison valable, ni écrire un article en quelques secondes pour simplement vous les balancer comme à des animaux.
Etre journaliste jeune, ce n’est pas seulement un engagement. Au lycée Blaise Pascal, pendant trois ans, être journaliste jeune a été une épreuve. Sommairement, c’est se réunir chaque matin, avant huit heures, pour faire le point, se retrouver de nouveau à midi (au détriment du déjeuner de certains), passer des nuits blanches à finaliser un numéro, puis le recommencer vers deux heures du matin parce que le système a sauté mais que vous avez promis à votre rédacteur en chef qu’il serait terminé le lendemain. Etre membre de l’Apprenti va encore plus loin : c’est subir les humiliations, les dégradations, les insultes tout au long de l’année. C’est retrouver vos nuits de travail chiffonnées au fond des poubelles, supporter les regards méprisants de ceux qui vous ont à peine lu mais qui, par principe humain, ont décidé qu’ils vous haïssaient. C’est se réveiller chaque matin et se demander pourquoi on est là, pourquoi on se bat encore, pourquoi est-ce que l’on  s’acharne à vouloir ouvrir les yeux de 2000 lycéens qui ne vous répondent qu’avec dégoût. En trois ans, nous avons été traités de « collabos », de « nazis », de « torchons ambulants ».  Et pourtant, nous avons continué à déambuler fièrement dans les couloirs du lycée, nous nous sommes interdits de raser les murs malgré tant d’oppression, nous nous sommes affranchis de toute censure. Et nous nous sommes certainement plus épanouis que tous ceux qui fermaient les yeux devant nos gros titres.
J’ai conscience que cet article, une dernière fois, en fera ciller plus d’un. Tant mieux. Si je suis trop virulente pour certains (ou trop franche ?), c’est uniquement, et j’ose le dire avec toute la prétention dont je suis capable, que mon but a été atteint. Apprenez une chose : la presse jeune, non seulement est libre de toute censure exception faite de la sienne. Une deuxième peut-être, c’est qu’il n’y a qu’en s’exprimant librement qu’elle pourra s’épanouir.
A ceux qui ont toujours refusé de nous lire, aux lycéens qui repoussaient nos journaux avec un air narquois au possible, je ne saurai leur reprocher que leur manque d’ouverture qui, au fond, ne regarde qu’eux. Quant aux autres qui prenaient un malin plaisir à nous discréditer même au-delà de l’établissement, je leur reproche leur aveuglement face au monde d’aujourd’hui face auquel ils devraient se soulever, leur égocentrisme de par leur refus de tolérer que leurs semblables aient besoin de reconnaissance, enfin leur arrogance pour s’obstiner à ne pas reconnaître des heures de travail.

Avoir un journal dans un lycée est une chance. Il est l’un des piliers de la démocratie dans un établissement scolaire. Aujourd’hui, je ne peux partir que mitigée. Malgré le pincement au cœur qui va saisir tous les membres de l’Apprenti dans quelques heures, je suis obligée d’avouer que quitter la rédaction me fait l’effet d’un poids que l’on me retire. Je remercie malgré tout ceux qui ont osé nous soutenir tout au long de ces années ; élèves compréhensifs comme professeurs passionnés. Ce sont eux qui me permettent de ne pas m’en aller déçue. 

Vous n'aurez pas la presse jeune

   Il y a quelques mois seulement que la presse satirique, la presse libre et délicieusement provocatrice symbolisée par Charlie Hebdo, a manqué d’être étouffée par une poussée d’obscurantisme. Aujourd’hui, c’est la presse jeune que l’on chercher à essouffler. Or, une telle idée est tout simplement impensable.

  Le 11 janvier, toute la France était Charlie ; cinq millions de personnes défilaient dans les rues, les autres applaudissaient aux balcons ou s’empressaient d’aller acheter le dernier numéro du journal ravagé – crise parfois rehaussée d’ hypocrisie pour un journal que certains n’avaient encore jamais tenu dans leurs mains. Pendant quelques heures, nous avons cru, de manière très utopique peut être, que tous les Français avaient réussi à se réconcilier autour d’une même et unique évidence : la presse, ici, en France, est libre. Exception française, « bête et méchante » à ses heures, ignorant toute censure et hurlant haut et fort ses valeurs comme ses idéaux, elle devait absolument perdurer, ne jamais s’éteindre. La censure est insupportable à ceux qui ont pris goût à tout dire. Or, c’est là l’un des goûts sur lesquels est bâti notre République, première valeur qui nous fait émerger de nombreux autres pays où la presse, malgré les apparences, ne fait que se déguiser et balbutier des vérités dérisoires. Pourtant, après ce glorieux 11 janvier, après ces manifestations gaillardes et virulentes qui avaient tant honoré la France et fait remonter la popularité du Président comme après une semence intensive, on entendit dès le lendemain gronder les premières girouettes. Les révolutionnaires du dimanche revêtirent le lundi leurs costumes réactionnaires et leurs discours insensés : « Oui, la presse doit être libre, mais… » Ah ! Ce « mais » qui retire à lui seul toute la grandiloquence d’une pensée libre. « Mais ». Quatre pauvres lettres ridicules. Quatre lettres comme « mort », comme « rire », « Charb », « Cabu », autant de mots qui, malgré leur limité structurelle, ne perdent pas moins en significations. Et voilà qu’on remettait en question des siècles de combats pour la presse libre, que l’on jetait sur la table les écrits révolutionnaires des Lumières, de Voltaire, de Malesherbes, de Rabelais, de tous ceux qui, un jour, ont œuvré à libérer pensée et opinion, journalistes comme écrivains. A libérer tout un peuple de l’ignorance et de la censure. Voilà que certains se remettent à cracher sur notre liberté d’expression si durement acquise, cette valeur de combat, cette revendication acharnée contre la censure et le despotisme. Et l’on va jusqu’à remettre en cause le rire, dernier moyen de ne pas céder à certaines réalités qui devraient nous effrayer.
   Remettre en question la liberté d’expression est une aberration. Que l’on s’en prenne ensuite à la presse jeune l’est d’avantage. Les menaces et les attaques que reçoivent depuis janvier les journalistes de La Mouette bâillonnée, journal du lycée Marcelin-Berthelot de Saint Maur sont absolument ignobles et effrayantes. En quoi donc ont-ils blasphémé, offensé, outragé qui que ce soit ? Ils n’ont fait que soutenir ceux qu’ils considéraient comme un modèle, rendre hommage à leurs maîtres morts pour la liberté, et, par la même occasion, revendiquer la leur et affirmer que la jeunesse ne se laisserait pas traîner dans la boue. En un mot, ils n’ont fait que leur devoir de jeunes journalistes. Au XVIIIème siècle, à seulement quinze ans, Benjamin Franklin écrivait pour le New England Courant : « Sans liberté de pensée, il ne peut y avoir de sagesse, et pas de liberté du peuple sans liberté d’opinion. » Aujourd’hui, au XXIème siècle, en 2015, un jeune rédacteur en chef à peine âgé de dix-sept ans, vit dans la peur et la tourmente pour avoir osé user de sa propre liberté. Répondre à une liberté d’expression aussi légitime qu’exemplaire par l’envoi de balles et par des menaces injustifiées revient à répondre par la plus obscure et la plus grave des ignorances. L’ignorance, « mère de tous les maux ». La liberté d’expression peut blesser, elle ne tuera jamais. La presse jeune ne doit pas disparaître et ne disparaîtra pas. S’il faut remettre en question la liberté de la presse, s’il faut la galvaniser à nouveau, la faire revenir à un état fondamental, primitif, muette au possible et aussi corrompue qu’en instance de guerre, personne ne touchera à celle de la jeunesse. Il n’y a qu’elle, aujourd’hui, qui soit encore en mesure de contrer tous les écueils imposés à la liberté d’expression, il n’y a qu’elle qui puisse encore clamer ses valeurs - valeurs que le reste de la population semble avoir oubliées en préférant se conforter dans de rassurantes mesures limitatrices. S’interdire de penser autrement que par l’idée imposée est une bonne excuse pour ceux qui n’osent pas être eux-mêmes. Dans un monde de plus en plus corrompu où la démocratie, la laïcité, l’expression, toutes ces entités qui devraient être inébranlables, sont aujourd’hui bafouées, la voix des jeunes n’est pas seulement importante : elle est nécessaire. Sans elle, c’est toute la société qui sombre,  c’est tous les piliers de la liberté qui s’effondrent. Et nous, en tant que journalistes jeunes, ne nous laisserons pas embourber par les menaces qui pèsent d’avantage sur nous. Car l’exemple de La Mouette Bâillonnée reflète bien la réalité de nombreux journaux lycéens, de plus en plus victimes d’humiliation, de manque de reconnaissance, ou de simple indifférence. Or, nous n’admettrons ni ces menaces, ni ces dégradations, encore moins la peur et la corruption qui voudraient causer notre disparition. Aujourd’hui, ce sont tous les journalistes jeunes qui se soulèvent pour soutenir l’équipe de La Mouette Bâillonnée, afin de lui faire comprendre qu’elle ne sera jamais seule dans ce combat pour l’affirmation de ses valeurs, de nos valeurs. Et nous les porterons jusqu’à ce qu’ils soient hors de danger, nous resterons debout, près à mordre au moindre assaut. Consciente de sa légitimité et de l’authenticité de ses écrits, il est hors de question que la presse jeune se laisse écraser par les vices de ceux qui croient pouvoir la combattre. S’il y a une chose qui puisse réellement être considérée comme intolérable, c’est l’intolérance elle-même, et, en ce moment, lutter contre l’intolérance est du ressort d’une presse en devenir, de journalistes qui croient encore en ce qu’ils sont et en ce qu’ils veulent être. Alors nous invitons toute la presse jeune, nous invitons tous ceux qui savent encore faire pleurer ou rire l’encre selon leur envie, nous les invitons à se soulever avec nous pour dresser une muraille infranchissable, une muraille qui protégera tous ceux dont l’écriture et la liberté sont menacées, une muraille qui ne connaîtra ni gouvernant, ni menace, ni qui que ce soit pour tenter de la démolir. La presse jeune est la plus forte, la plus vraie, la plus vaillante. Et elle le sera toujours.
 


   Un certain François Mitterrand a dit « Si la jeunesse n’a pas toujours raison, celui qui la méconnaît, en revanche, a toujours tort. » Aujourd’hui, nous dénonçons cette partie de la société qui, en nous, en menaçant le journal de La Mouette Bâillonnée, est plongée dans ses torts. Et quand bien même celle-ci serait entièrement aveugle, nous saurons résister et porter le flambeau de notre liberté.