vendredi 6 juin 2014

Interview Buttner



Pour les retardaires (et oui, toujours eux…) nous vous informons que Charles Buttner, proviseur de notre lycée depuis 2007, quitte l’établissement à la fin de l’année scolaire pour prendre sa retraite. Nous l’avons donc rencontré afin de faire le point sur le bilan de sa carrière professionnelle…
-Quelle a été votre formation, votre parcours ?
Après la classe de troisième, j’ai suivi mes études à l’école normale d’Instituteurs, avant de rentrer à l’Université du Creps (Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance
Sportive). C’est ainsi que je suis devenu professeur d’EPS, et je le suis resté pendant 13 ans. C’est en 1984 que j’ai passé le concours de chef d’établissement, et j’ai alors pris ces fonctions au collège de Belfort, où je suis resté pendant 3 ans. J’ai ensuite pris la direction du collège du quartier de Bourtzwiller à Mulhouse
pendant 10 ans, puis celle du lycée professionnel Bugatti d’Illzach durant 9 ans. C’est en 2007 que je suis arrivé au lycée Blaise pascal.
-Comment avez-vous vécu la vie de proviseur ?
J’aime mon métier. C’est un métier où tout le monde, et plus essentiellement les jeunes, a besoin de voir, de ressentir qu’on veille sur eux, et plus particulièrement en ce qui concerne la justice et l’égalité. Ils ont besoin qu’on les respecte, qu’on leur garantisse une certaine équité, et c’est un sujet auquel je suis sensibilisé. C’est d’ailleurs ce qui m’a attiré vers ce métier : le fait de rentrer en contact avec les gens, de sentir que je suis là, pour eux, et que l’on attend beaucoup de moi.
-On sait que vous avez églement une carrière politique en parallèle à votre activité professionnelle. Cette situation était-elle plutôt un avantage ou un désaventage en tant que proviseur ?
Comme je l’ai dit, il faut aimer ce que l’on fait. C’est pourquoi je pense pouvoir dire avoir accordé un maximum de mon temps à mon activité professionnelle. Il y a 168 heures dans une semaine, et il faut savoir les exploiter. De plus, ces deux activités s’enrichissent les unes des autres. L’on y retrouve les mêmes valeurs, les mêmes démarches : dans l’une et l’autre, il faut savoir développer des projets…  Mais, je le répète, ma profession a été ma priotité. Ce métier c’est moi, c’est mon support, mon squelette. Et c’est cette armature qui m’a permi de me soutenir en politique : sans elle, je n’aurais certainement pas eu cette carrière !
-Quels ont été vos priorités ?
Dans un lycée comme celui-ci, il était essentiel de renforcer la qualité de vivre ensemble, d’aller vers des projets qui fédèrent. Il faut savoir faire un état des lieux : que représentons- nous en ce moment ? Vers où voulons-nous aller ? Comment ? A partir de là, il s’agit ensuite de fixer des objectifs bénéfiques à l’établissement et ceux qui le fréquentent. L’image du lycée est également importante. Il faut être conscient de l’image que l’on renvoie de celui-ci, de l’impact répercuté sur les élèves de tous les secteurs. Blaise Pascal est un grand lycée, avec environ 1600 élèves, sans compter toute l’équipe pédagogique, la direction, tous ceux qui les entourent. Il représente une énorme collectivité, où tout le monde se cotoîe sans vraiment se connaître. Il règne donc un climat familial qu’il est important de conserver : le lycée doit être vu comme une deuxième maison. A ce niveau là, j’ai noté une évolution durant ces 7 ans.
-Justement, quelles ont été vos plus grandes satisfactions ?
Je suis très satisfait de la lutte menée en faveur du bac L. Il était indécent que les élèves qui ont une vocation forte, une vocation littéraire, doivent avoir le choix entre quitter le lycée qu’ils aiment, qu’ils ont l’habitude de fréquenter, ou de faire ce vers quoi ils aimeraient s’engager. Il y a également eu la création d’un bac professionnel. Ces professions ont pris l’habitude d’être perçues comme basiques, inférieures. Seulement, je ne pense pas que l’évolution soit de faire de plus en plus de tertiaire, au contraire. Il faut penser à la relocalisation qui est évidente : vivre sur le territoire, avec le territoire, en fonction du territoire… Une identité forte fondée sur la recherche du développement durable (égalité social, économie, écologie). La vraie richesse du lycée, c’est le fait qu’il soit un lycée polyvalent. C’est toute une fusion de milieux sociaux différents, de valeurs diverses, et pourtant tout le monde est sur le même terrain : plus de différences, nous sommes tous égaux.
-Quels problèmes avez-vous rencontré ?
Ce qui se fait dans la facilité est nécessairement banal. Créer un projets d’établissement, donner un sens à ce que l’on fait, entraîner tout le monde… Cela représente beaucoup de travail, ça ne se fait pas tout seul ! Je pense par exemple à la création de la filiaire littéraire qui a été une véritable bataille… Néanmoins, je n’en parlerai pas en tant que « difficulté ». Cette lutte, c’est le métier.
-Avez-vous des regrets ?
Aucun.
-Le Conseil Régional a présenté dernièrement son dernier budget. Allez-vous à présent vous consacrer entièrement à la politique ?
Le fait de vivre une carrière politique en même temps qu’une carrière professionnelle a été un vrai challenge pour moi. Je ne pouvais pas me permettre d’échecs, dans l’un comme dans l’autre, car il se serait irrévocablement répercuté. Je vais continuer ma carrière politique, mais ni plus ni moins qu’auparavant !

Et pour finir, quelques chiffres plutôt valorisants : rappelons que, l’année précédente, le taux de réussite au bac était de 95%, soit plus que le niveau attendu par l’Etat. Quant au niveau du département, le lycée se tient à la troisième place sur 26 (selon l’étude faite l’Etudiant en avril 2014). C’est donc un bilan très positif pour notre proviseur !


jeudi 5 juin 2014

L'Euroscepticisme, mère du populisme

C’est une vague massive et déferlante qui se réveille soudainement dans toute l’Europe. Elle gronde
depuis quelques temps déjà, dangereuse et acérée, et l’on entend déjà les remous de son éveil qu’elle
prépare. Bientôt, elle s’élèvera. Elle se redressera d’un triomphe impétueux avant de se propulser sur
le continent, de l’engloutir entièrement. Car il y a trop longtemps qu’elle est affamée de pouvoir. Elle
attend...

Cette vague a pour nom « populisme ». Et ce nom résonne déjà surtout le continent depuis des mois et des mois, tandis que l’approchedes Européennes lui donne une nouvelle intensité, une sorte de menace
angoissante qui nous encercle, nous étouffe. Car depuis les dernièresEuropéennes, les temps ont changé. Et le taux des populistes n’en est que plus élevé. Leurs idéaux se sont développés pour rassembler de
tous les pays ceux qui se laissent le plus facilement séduire. Et il n’y a qu’à se souvenir des dernières élections municipales en France le mois dernier pour s’apercevoir que les partis populistes (en occurrence le
Front National) enfle et s’étire de plus en plus, telle une plaie béante qui n’a de cesse de s’épancher puisqu’on ne la soigne pas. Si seulement cette poussée nationaliste n’avait une telle importance qu’au sein de la France... Mais c’est bien toute l’Europe qui se tourne maladroitement vers le populisme, au risque de tout dévaster sur son passage : liberté, démocratie, unité. En France, Marine le Pen et ses compatriotes ont appelé leurs militants à se présenter aux urnes puisque « l’UMP et le PS , c’est la même chose », en omettant (volontairement?) que ces deux partis n’ont aucune conformité quant aux réformes fiscales et sociales. Les populistes danois se réunissent derrière Pia Kjaesgoard en clamant que toute cette insécurité grandissante, ce chômage endurant, ne sont dus principalement qu’à une immigration massive. Ils ne mentionnent pas, à ce moment-là, le fait que ces « immigrés » sont les seuls à accepter
les tâches dont personne ne veut, et que leur vouer une véritable haine nationale confinerait à se retourner vers le régime de Vichy. En Autriche, Jörg Haider a su réunir ses semblables aux cris de « A bas l’euro ! » dans l’inconscience que le retour à toute autre monnaie, ainsi que l’abandon de cette « cause de malheur » factice, ne provoqueront qu’une dévaluation maudite et une baisse importante de la valeur du
patrimoine national. Le Flamand Vlaoms Belang, quant à lui, n’obtient pas un succès moins florissant puisque, tous ses militants le savent : «On a tout essayé, et rien ne marche ». Tout, sauf les réformes sur les
collectivités territoriales. Tout, sauf la réforme sur les dépenses. Tout, sauf les réformes sur la TVA. Tout... Et en Italie, Pepe enflamme les salles, échauffe les esprits ; en lui se réveille le nouveau père du peuple de Rome qui défend une nouvelle politique aussi simple que radicale, aussi utopique que meurtrière. Car un rêve ne reste toujours qu’un rêve, s’il ne tourne pas directement au cauchemar.
Et pourquoi ce populisme est-il si présent aujourd’hui ? Comment a-t-il pu s’implanter de manière aussi virulente ? Il n’y a que la mauvaise herbe qui croit si rapidement, et le meilleur engrais reste la réaction d’inquiétude de la part de la société. Grâce à ces régimes qui continuent de se corrompre tour à tour,
comme s’ils n’entendaient pas gronder derrière eux la révolte du peuple. Grâce à l’affirmation de poussées racistes et xénophobes qui, en grandissant, lacèrent les entrailles des démocraties.
Et vous serez nombreux en France, en Europe, à les laisser triompher ce 25 mai. Sans remord, sans regret, vous répondrez à ce cri partisan de tous les populistes... : « Nostalgiques de la collaboration, rejoignez-nous ! Antisémites patents, soutenez nous ! Antimusulmans déclarés, mobilisez-vous ! Militants contre les différences, jaunes ou noires, ne nous décevez pas ! Contre l’Europe infâme, luttez, meurtrissez la en son coeur, puisqu’elle n’est que la cause de nos malheurs, et que son existence ne s’est résumé qu’à une succession de crimes ! »
Et en les écoutant, en écoutant leurs discours par trop maléfiques, Français désespérés, Autrichiens en colère, Italiens déçus, vous causerez au pays le tort d’avoir tourné le dos à toutes les vraies valeurs qui assurent sa grandeur. Alors réveillez-vous. Redressez la tête, soyez dignes. Epargnez nous, et épargnez nous cet enchantement qui nous conduit à notre perte. Et l’Europe vivra.

vendredi 16 mai 2014

Un otage disparu

 Alors que quatre journalistes venaient d’être libérés de Syrie, l’on apprenait quelques jours plus tard le décès d’un otage retenu au Mali : Gilberto Rodriguez Leal.
  « Nous annonçons la mort de Rodriguez. Il est mort parce que la France est notre ennemie. » Voilà comment Yoro Abdoul Salam, un responsable du Mouvement pour l’Unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a annoncé le décès de l’otage français à l’Agence France Presse. Ni l’endroit, ni les circonstances de la mort de l’otage n’ont été précisés à cet effet. Ainsi, il deveint le deuxième otage français de Sahel décédé, après Philippe Verdon, le 7 juillet 2013.
  Gilberto Rodriguez Leal avait été enlevé le 20 novembre 2012, par au moins six hommes armés, dans l’Ouest du Mali, à l’âge de 62 ans. Contrairement aux autres Français enlevés par les groupes islamistes, ce retraité originaire de Lazère ne se trouvait pas au Mali pour des riaons professionnelles. Ayant travaillé pour les Etablissements et Services d’Aide par le Travail (Esat), il profitait enfin de sa retraite pour se balader dans le monde. Lors de sa capture, il arpentait les continents à bord de son camping car, avec lequel il avait déjà traversé le Brésil. Des vacances qui, à défaut d’être palpitantes, auraient pu avoir l’avantage d’être reposantes si le Mujao n’était pas venu à passer par là. Incontrolable, le Mujao fait parti des trois groupes terroristes islamistes installés au Mali. Dirigés par d’anciens trafiquants de drogue, renfloués par l’arrivée de deux autres groupes tel que l’Amqui (filiale d’Al-Quaïda), ils sont connus pour faire appliquer avec une certaine violence, la Charia (loi islamique).
 C’est ainsi que, après avoir passé plusieurs mois sans donner une seule nouvelle de l’otage Français, pris pas hasard, perdu dans le brouillard d’un destin incertain, la mort de Gilberto Rodriguez Leal a été annoncée le 22 avril 2014, après plusieurs tentatives de la part du groupe terroriste pour faire passer un message au ministère des Affaires Etrangères.
Ainsi, après ce décès et le libération des quatres autres otages retenus jusqu’alors en Syrie, il rest désormais deux otages français dans le monde : Serge Lazarevic, 48 ans, enlevé le 24 novembre 2011 au Mali, et Rodolf Cazares, chef d’orchestre franco-mexicain, enlevé le 9 juillet 2012 au Mexique, lequel, malgré le paiement d’une rançon, n’a pas été libéré.
Ils sont, pour la plupart, partis pour des raisons professionnelles qui les ont menés à leur perte, ou alors se contentaient d’une virée Africaine sans parvenir à éviter des groupes qui ne cherchaient qu’eux. Pendant des mois, des années, leurs familles vivaient dans l’angoisse continuelle de ne jamais les revoir. Personne ne sait où ils sont, personne ne sait comment ils vont, personne ne sait comment se passe le moindre instant de leurs journées. Et pourtant, ils sont là, à deux pas de la mort, chaque jour et, qaund ils reviennent, ils sont un fil à peine relié à la vie. Une ombre libérée d’une âme qui ne le sera jamais.
« Nous avons tout lieu de penser que l’otage est décédé depuis plusieurs demaines, du fait des conditions de sa détention. La France fera tout pour connaître la vérité sur ce qui est arrivé à Gilberto Rodriguez Leal, et elle ne laissera pas ce forfait impuni. » Faut-il comprendre, dans cette dernière intervention du Président, que lors du discours des quatre journalistes enfin libérés, l’un de leurs semblables, plus loin, rendaît l’âme sans aucune bénédiction ? 
 

Royal, Tréfilerie, Gayet… Et le vaudeville continue !

Il y a d’abord eu Ségolène Royal. Puis la belle a disparu au profit de la vraie « femme de sa vie », à savoir Valérie Trierweiler. La femme de sa vie, ou de quelques années… Jusqu’à ce que la charmante Julie Gayet lui fasse de l’œil. Et que fait-on quand on se retrouve tout seul ? On rappelle l’ex !
  Il y a être profiteur et être opportuniste. Et François Hollande sait mêler les deux. Profiteur, parce que les fonctions de chef de l’Etat sont apparement un avantage auprès de cerrtaines actrices. Opportuniste, parce qu’il a su profiter du strict remaniement du gouvernement Valls (16 ministres au lieu de 36) pour ramener à sa table Ségolène Royal. Dont le retour bouleverse déjà les polémiques et réseaux sociaux !
 Ainsi, selon les rumeurs, la nouvelle ministre de l’Ecologie serait surnommée la « Dame de Fer » de la ragion Poitou-Charentes, et son installation à l’hôtel Roquelaure jetterait un froid sur le personnel des lieux. Et, pour causes, les commérages qui en découlent sont des plus surprenants… En effet, la numéro trois du gouvernement Valls aurait installé plusieurs mesures aussi ambigues qu’excentriques. Tout d’abord, apprenez que ces dames ont interdiction de porter des décolletés (ou bien lire : appelées à porter des tenues décentes). Pourtant, selon l’hôtel Roquelaure, une « majorité de la gente féminine aurait déjà optée d’emblée pour des vêtements plus corrects… » De plus, ce propos  a rapidement été démenti par la principale intéressée sur son compte twitter : « Je démens bien sûr la rumeur ridicule concernant l’interdiction de porter des décolletés dans le ministère »… A moins qu’elle ne craigne que la chute de François Hollande dans les décolletés de ces dames ne soit aussi vertigineuse que celle qu’il connaît dans les sondages…

Mais les ragots ne s’arrêtent pas là ! Ainsi, selon les mêmes sources, la ministre se déplacerait dans les couloirs de son minictère précédée d’un huissier qui l’annonce, de sorte que le personnel doit se lever sur son passage, de même qu’il est strictement interdit de fumer en sa présence, que ce soit dans la cour ou dans le jardin. Quand la ministre déjeune, les membres de son cabinet devraient également ne pas emprunter le couloir adjacent pour cause de « nuisance sonore ».
Et c’est une liste de cette sorte qui se poursuit, aussi curieuse qu’invraisemblable, semblable à l’étiquette de cour d’une (ex) reine de France… Mais la population française, comme l’on ne manque pas de le remarquer chaque jour, ne sait se nourrir que des rumeurs étatiques, et semble n’être jamais rassasié. C’est pourquoi la présence de Ségolène Royal ne manque pas de faire jubiler les lectrices assidues de Closer et Paris-Match…

Il est plutôt décevant de remarquer que, de François Ier à François Hollance, la mentalité de chacun stagne misérablement. Et si l’actrice qu’est Julie Gayet marche dans les pas d’Anne de Pisselieu, Ségolène Royal, symbole de la femme délaissée, n’a plus qu’à se morfondre dans la robe de la reine déchue héritée de Claude de France.



Les 50 ans de Mafalda

Héritière, des Peanuts, Mafalda, la petite fille créée par l’auteur argentin Quino, est une légende du strip. Ayant dénoncé, derrière une apparence innocente factice,  tout un discours critique de l’Argentine, la fillette fête cette année ses cinquante ans…
En voilà une qui ne fait pas son âge ! Et pourtant, le 29 septembre, la petite Mafalda née de la plume de Quino (alias Jaquin Salvador Lavado) soufflera ses cinquante bougies ! Apparue pour la première fois dans le magazine argentin Primera Plana, le personnage de Bande-Dessinée a toujourd rencontré un véritable succès ; tout d’abord grâce au look mémorable que lui a offert son créateur : une grosse tête en forme de poire, des cheveux noirs foissonants retenus par un nœud… Voilà une tête que l’on ne recontre pas tous les jours, si ce n’est sur les planches de BD qui polluent votre salon ! Et pourtant, elle habitera le quotidient de nombreux lecteurs du monde entier, jusqu’en 1973 où Quino décidera de mettre fin aux aventures de sa protégée, de peur de se répéter dans ses péripéties. Mafalda avait alors dix ans et un succès indéniable, cela grâce à l’humour percutant et irrésisitibe qui la caractérise tout au long des strips qui composent son histoire. Toujours là pour poser les questions qui fâchent, la petite fille s’interroge sur tout ce qui l’entoure : injustice, corrupetion, racisme, famine, guerre… Seulement, les adulates à qui elle s’adresse ne semblent pas souvent aptes à lui fournir des réponses convenables… Quant à sa bande d’amis, la voilà toute aussi caricaturale que ces derniers ; l’on se souvient donc du jeune Manalito aussi macho que capitaliste, d’une Susanita plus naïve que nature, ou encore d’un Miguelito amoureux de Mussolini et de Felipe toujours dans la lune ! Mafalda est donc bien la seule,de tous les personnages, à refuser le monde tel qu’il est niaisement présenté.
Et dire que Mafalda a manqué ne pas voir le jour ! En effet, Quino l’aurait tout d’abord imaginé en 1963 pour une campagne publicitaire d’une marque d’électroménager, laquelle fut finalement annulée. Ce n’est qu’un an plus tard, alors qu’on lui réclamait une nouvelle bande dessinée pour des lecteurs avides de lecture, qu’il eut l’excellente idée de lui redonner vie. Et au lieu de n’apparaître qu’aux côtés d’un fer à repasser, la petite Mafalda est aujourd’hui autant un symbole d’anticonformisme qu’une héroîne bien connue des enfants !  Et aujourdhui, elle continue, aux yeux de lecteurs de tous âges, de toutes conditions et de tous pays, à symboliser une résistance lucideet universelle face aux  idées reçues. Sous les apparences d’un humour efficace et accessible, ses aventures n’ont de cesse de dénoncer le populisme, le conservatisme et le malaise d’un monde, lequel semblait être déjà au plus mal dans les années 60. 
En tous les cas, il aurait bien été dommage que la fillette reste au placard, car il est certain qu’elle continuera de faire rire des générations entières !

Facebook, mon meilleur ami




Facebook… Ou LE réseau social miraculeux qui vous permet de rester connecté avec le monde entier, de garder contact avec les amis de son enfance et de toujours, d’échanger des photos jusqu’à l’autre bout de la planète, de faire des rencontres… Ou encore de se créer des vies…
  L’on pourrait vous parler de « Sophie », jeune fille parfaite qui, au travers de toutes ses photos, embrasse son objectif de ses lèvres pulpeuses, compte en réalité tenu par un adolescent de quatorze ans servant de bouc émissaire dans la vie réelle, ou encore de « Luc », ami fictif d’une bande de gamines délurées. Mais voilà des discours que l’on vous a déjà tenu cent fois, et qui ne manquent pas de vous agacer…
  Seulement, ce genre d’anecdotes en apparence futile peut se révéler aller beaucoup plus loin… C’est ainsi que, il y a quelques jours, trois personnes dont deux mineurs sont en garde à vue pour disparition d’enfant. Sur facebook, d’ailleurs, l’on trouve encore le profil de son père, Rayane, jeune adulte tout juste marié à la charmante Tiphany et papa d’un garçon de 2 ans, Chayson. Une famille classique à un détail près : toute l’histoire a été inventée. Le profil, factice, les liens tout autant, la disparition composée de toutes pièces.

  Le garçon de 2 ans était porté disparu dans l’Allier et n’avait jamais existé si ce n’est derrière l’écran de la plupart des ordinateurs. Aussi, comme l’indique le procureur de la République à Cusset, l’enquête pour enlèvement et séquestration avait été clairement réorientée sur réquisitoire supplétif sur des faits de dénonciation de crimes ou de délit imaginaire. La disparition avait ainsi été signalée par une femme se présentant comme sa tante, laquelle prétendait que « Chayson » avait disparu une semaine plus tôt à proximité d’un parking de supermarché à Yzeure. Les parents quant à eux étaient injoignables et sans domicile connu.
Une personne s'était donc donné la peine de les créer, de leur associer un compte Facebook, des photos, une vie virtuelle. Mais non, personne ne les avait jamais vus et surtout, personne ne pouvait les retrouver. Ainsi, pendant 5 jours, policiers, pompiers et magistrats ont donc été mobilisés pour retrouver un petit garçon de 2 ans et demi qui n'existait pas
Deux mineurs ont également été mis en cause dans cette affaire. La fille de cette "fausse tante", une adolescente, et son cousin, mineur également ont été placés en garde à vue . La fausse tante risque par ailleurs une réelle mise en examen pour avoir dénoncé des faits imaginaires.

Et pourtant, le compte est toujours vivant. Datant de 2012, l’on voit s’y étaler toute l’existence d’un homme inexistant,qui s’affiche pleinement au bras de sa copine (tout aussi imaginaire) ou de son enfant prétendumment inconnu. Des photos par centaines, des amis par miliers, une date de naissance qui coincide mal avec son prétendu statut marié. Un homme fan de Stromae, qui se marre devant Soda. Bref, quelqu’un comme vous et moi. Mais qui n’existe pas…

Alic-Aïda VS Al-Quaïda



Des vacances à New York… Le voyage dont Alic Aïda, jeune savoyarde mariée et mère de famille, rêvait depuis longtemps. Avant de se voir refoulée à l’aéroport à cause de…  son nom !
Alic Aïda n'avait jamais eu de problèmes avec son nom jusqu’à présent. Elle avait beau subir de temps à autre, quelques jeux de mots entre le sien et celui du mouvement terroriste mondialement connu, jamais elle n’aurait pensé qu’une simple affaire de nom pouvait la porter aussi loin !  En effet, mercredi, la jeune femme originaire de Savoie n'a pas pu prendre l'avion en partance de Genève qui devait l'emmener en vacances à New York avec son mari et leurs deux enfants, juste à cause de son identité. Résultat : ses vacances, prévues de longue date, ont été ruinées. Les membres de la compagnie aérienne Swiss auraient en effet reçu un appel de l'immigration américaine disant que la jeune femme était blacklistée et qu’elle ne pouvait pas monter à bord.
Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle de Janice Keihanaikukauakahihuliheekahaunaele, devenue hors-la-loi car l'administration ne pouvait pas enregistrer son nom trop long. Comme elle, cette anecdote a déjà fait le tour de la Toile et fait même du bruit à l'étranger.
De plus, cette mésaventure a fait perdre au couple la somme de 2700 euros, qui ne peut être remboursée puisque son "problème" ne rentre pas dans les critères de remboursement de la compagnie.

Alic ne compte pas en rester là. La Savoyarde prévoit en effet d'écrire à François Hollande, au premier ministre Manuel Valls ainsi qu'à l'administration américaine, ne pouvant évidemment laisser de côté le fait qu’elle soit sur une « watchlist » détenue le Département de la sécurité intérieure américaine…
Un nom qui, rappelons-le, se prononce « Alitch » en Yougoslave, et qui suffit à gâcher des vacances… En tous les cas, il est certain que cette jeune femme considérée comme « à haut risque » gardera de biens mauvais souvenirs d’une escapade en Amérique tombée à l’eau…